Le ciel du choucas
Journal intime
Le ciel du choucas
Catégorie :
Journal intime
Créé le :
18 nov. 2006 12h24 par brume
Modifié le :
23 sept. 2008 01h13
Visité :
5481 fois
Cette semaine :
1 fois
Description :
Entre délire complet et envolées lyriques, il me manquait ça ... une autre alternative, un autre espace virtuel ...
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| Créé le : |
23 sept. 2008 01h13
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-Passer les mains sous le traversin, là où c'est tout frais -Faire la neuneu avec mes chats ("Oh voui ma puce, t'es belle, oh voui voui voui, je t'aime ma soupière pieds nus") -Allumer une cigarette -Avaler un verre de Coca d'un trait quand on a soif -Se renfoncer dans la couette, parce qu'il reste une heure, une minute de sommeil à grappiller -Se brosser les dents jusqu'à faire saigner les gencives, et savourer cette petite douleur piquante en passant la langue sur ses dents -Enfin dégoter un jeu qu'on cherche depuis longtemps -Raconter des choses très ininteressantes au téléphone pendant des heures -Commencer un bouquin énorme -Avoir du courrier (autre que la banque qui menace de venir chez moi pour saisir ma collection de sous verres et mes chaussettes, ou Pizza Pute qui fait du racolage sur prospectus) -Enfiler une paire de chaussettes neuves -Perdre son temps devant des séries qu'on a déja vu 40 fois, et réciter les dialogues au mot près -Découper des images et des bouts de phrases idiots pour les coller sur la couverture d'un carnet (méthode déco garantie et qui en plus vous débarassera de vos vieux magazines) -Croiser une caissière/vendeuse aimable et souriante -Fut un temps, passer mes bras autour de son cou et renifler ses cheveux en pagaille qui sentaient les épices. -Vider et trier mon sac, même si dans une semaine il sera de nouveau envahi de feuilles volantes et divers déchets -Dire du mal des gens, comploter et ricaner -Percer le papier bulle -Manger le dernier gâteau du paquet mais laisser le paquet vide dans le placard quand même -Faire du bruit avec sa paille -Flemmarder sous la douche -Ne pas avoir de messages sur le répondeur -Se débarasser d'une corvée administrative quelconque et rentrer se barricader chez soi -De manière genérale, perdre son temps en plaisirs inutiles
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| Créé le : |
16 sept. 2008 02h55
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Une des expériences les plus rigolotes qu'il m'ait été donné de vivre
cette année, c'est quand même de passer par les Assedic et l'ANPE, qui
sont copines.
Alors non je n'entamerai pas un post pour me plaindre de ces sales
branleurs de l'administration (encore que je suis quand même tombée sur
de sacrées connasses qui se contenaient pour ne pas me dire que
vraiment, décidément j'aurais beau leur expliquer mon problème et ma
situation 4 fois de suite, ça changerait rien, elles en auraient
toujours rien à carer), d'une part parce que je donne assez dans la
facilité pour ne pas m'attaquer à cette porte ouverte (et un article
précédent a déja démontré mon respect pour les portes), et d'autre part
parce que globalement j'ai un peu merdé de mon côté aussi.
Toujours est-il que j'ai dû, j'étais vraiment obligée de passer par ces
deux institutions. La première chose, c'est que j'avais trouvé un
boulot d'été (entendez : un job mal payé, ininteressant et ingrât,
surtout quand on a le malheur, comme ce fut mon cas, de s'attaquer au
milieu de la restauration), et que, chose étrange, il fallait passer
des tests d'aptitude, nouvelle méthode de recrutement de l'ANPE.
D'ailleurs à priori c'est pas débile comme truc, ça permet de faire
plus ou moins ses preuves en esquivant les CV pas toujours très
flatteurs (de quoi j'ai l'air moi avec un Bac L en poche, je vous le
demande ?), bref ça avait l'air pas con.
Comme de bien entendu (absurde cette expression), il a fallû que je me
rende à l'ANPE qui était genre super loin de chez moi, avec un
itinéraire de tram aussi long que compliqué, pour ensuite chercher dans
les petites rues de Strasbourg l'obscur et lointain batiment de l'ANPE.
De toutes façons j'aurai l'occasion plus tard de découvrir qu'en dépit
de l'agence ANPE située à 500 mètres de chez moi, Dieu ou je ne sais
quelle branche de l'administration s'arrangera toujours pour m'envoyer
dans une agence la plus loin et la plus mal située possible (de
préférence en banlieue, planquée derrière des immeubles en
construction, et mal desservie par les transports).
Bref, me voici pimpante arrivée pour les tests d'aptitude, à priori je
me fais pas trop de soucis, je suis pas encore trop débile, j'arrive
malgré tout à faire preuve de logique et de bon sens, et j'imagine que
travailler au Flunch ne nécessite pas un QI faramineux (attention hein
je ne méprise personne, je constate).
Déja ça a commencé à sentir le sapin quand on a distribué les
questionnaires (visant à tester nos capacités à accueillir les clients,
du genre "un homme d'environ 50 ans arrive, l'accueillez vous en lui
disant "bonjour monsieur" ou "yo l'ancêtre" ?"), et qu'une brave dame a
levé la main timidement (quelle horreur on se serait crû au lycée) en
disant qu'elle ne comprenait pas les questions. La brave dame de l'ANPE
a tenté de lui expliquer, mais elle a vite constaté que si cette pauvre
dame ne comprenait pas les premiers exercices, ça risquait d'être chaud
du slip pour la suite (et atrocement gênant). La brave dame a donc
déguerpi et est repartie en quete de travail, et nous avons pû
commencer les petits testounets.
Sans vouloir me vanter, quand même, c'était un peu facile, du calcul
mental, du bon sens, de la logique, un peu d'organisation, de la
déduction, bref, ça ressemblait grosso modo aux tests de QI qu'on
trouve sur Internet ou aux jeux d'entrainement cérébral sur téléphone
portable (ou sur DS, le vice est immense), c'est rigolo, vaguement
stimulant, un peu chiant.
Déja là j'ai commencé à pas me sentir à ma place, parce que quand, à la
pause clope, j'ai dit que j'avais le Bac (qui n'est pourtant pas très
difficile compte tenu de l'implication que j'y ai mis, c'était même
presque cadeau), l'ensemble des gens présents pour les tests m'a lancé
un regard mi-admiratif ("dis donc elle doit etre vachement intelligente
!") mi-haineux ("une intello qui s'la pète"). Le malaise a persisté
quand on nous a dit, d'un ton rassurant, que pour travailler chez
Flunch savoir lire et écrire n'était même pas obligatoire. Là j'ai
vraiment commencé à flipper, à me dire que je m'étais trompé de porte,
que décidemment c'était presque déplacé que je sois là. Mais j'ai quand
même fini mes exercices, parce qu'après tout à la clé il y avait un
boulot, et des sous.
Toujours est-il que sans grande surprise, j'ai réussi ces foutus tests
haut la main (genre un 18/20 bien tassé, félicitations du jury et
corbeille de fruits), j'eus donc le droit de me rendre grâcieusement à
l'entretien d'embauche (tant de simagrées pour passer deux mois à
récurer les plateaux du Flunch, c'est fou), de rencontrer le directeur
(qui avait naturellement des allures de gros con maquillé en homme
jovial et cool parce que Flunch c'est familial et c'est la
con-vi-via-li-té), tout ça pour gagner le cocotier, soit un boulot
d'employé polyvalente de restauration (en gros ça veut dire bon à tout
faire surtout les trucs que personne ne veut faire).
La deuxième raison qui m'a poussée à retourner fricoter avec l'ANPE (en
dehors d'une tendance au masochisme), c'est qu'il fallait passer par là
pour accèder à une formation AFPA. Je m'en serais passée, vraiment,
j'aurais adoré esquiver, mais pas le choix, il a fallû que je passe des
coups de fil au fameux 3949 ("pour une première inscription, dites
"inscription"", t'as pas l'air con à ânonner bêtement aux oreilles d'un
répondeur pourrave et pas réactif, et tout ça en comptant "l'éventuel
surcoût de l'opérateur", mais le temps d'attente est gratos, trop
sympa), que je fasse un dossier, et que j'aille hurler dans les bornes
téléphoniques d'une agence ASSEDIC (perdue entre un magazin de meubles
où c'était la fête du matelas et un concessionaire auto, je m'explique
toujours pas comment ils peuvent décider de foutre des assedic dans ce
genre d'endroits) qui déconnait, j'ai dû répéter 4 fois mon nom (qui
est pourtant pas bien compliqué, mais Alsace oblige, la brave dame au
bout du fil tenait absolument à transformer mon nom Franc Comtois en
lui donnant des accents allemands tout à fait incongrus), préciser
mille fois qu'il faut mettre le numéro de mon studio sur les courriers,
que le facteur s'amusera pas à scruter les 450 boites aux lettres de
l'immeuble pour me remettre la convocation, et que non, mon nom n'est
toujours pas Coulaim (prononcer Coulaillme), et non je ne suis pas
mariée, je n'ai ni enfants à charge ni pension de guerre.
Bref, tout ça est -bientôt- derrière moi, et m'a permis de constater
plusieurs choses, dont une principale, c'est que je fais partie de ces
nombreuses personnes touchées par la malédiction administrative, dont
le dossier est perdu, truffé d'erreurs, à qui les courriers ne
parviennent jamais pour d'obscures raisons, dont les identifiants ne
marchent pas, etc ... , et d'autres vérités moins cocasses, plus dures,
de voir des gens pour qui le Bac est un genre de privilège absolu et un
diplôme formidable, pour qui la vie sera sans doute éternellemen
parsemée de parcours du combattant pour dénicher du travail, trois sous
pour tenir et du courage.
Peut-être la fierté aurait dû m'envahir, de faire partie malgré tout de
la classe moyenne, d'avoir la chance de faire des études, d'avoir le
choix de bosser ou non l'été pour mettre des sous de côté, de jouir
d'une semi indépendance relativement confortable.
Mais j'étais gênée d'être là, avec les chômeurs et les interimaires,
peut-être qu'en décrochant un CDD j'ai râflé le poste à quelqu'un qui
aurait pas craché dessus en CDI pour nourrir un peu mieux ses gamins ou
éponger ses dettes.
J'étais gênée et envahie par une culpabilité absurde, la même
culpabilité que tout le monde ressent en passant devant le gamin qui
fait la manche ou en bouffant devant les infos qui nous rappellent
qu'il y a plein de gens qui eux n'ont pas bouffé aujourd'hui. Gênée
comme on peut l'être, et soulagée d'être, malgré tout ce que je peux en
dire, du bon côté.
Il ne s'agit en aucun cas d'un post à teneur politique, visant à prôner
la tolérance, la solidarité ou autres grandes valeurs que je ne me
permettrais pas d'écorcher en vomissant des discours maladroits sur un
blog d'adolescente.
Je n'ai fait que constater, ça et là, du haut de mes 19 ans et de mon
adolescence mal dégrossie, ces petites choses qui régissent le monde.
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| Créé le : |
05 sept. 2008 21h23
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Au début ça m'a fait vachement mal.
Au début j'ai tourné en rond, j'ai mordu mes manches et rongé mes ongles. J'ai rampé sous des draps moites de larmes pour te maudire.
J'ai bousillé ton collier, ce cadeau à moitié volé, peut-être des mois plus tard, peut-être le jour même. J'ai noirci des pages de rimes pathétiques à ton nom.
Je t'ai appelé dans la pénombre de ma chambre d'adolescente, ma voix s'est cognée contre les murs. J'ai griffé mon papier peint à en vouloir ta peau.
J'ai cédé à une sorte de folie ordinaire, risible et triste.
Et puis je t'ai oublié. Je t'ai rangé dans un coin de ma mémoire, avec les mauvaises blagues et les erreurs de jeunesse. J'ai classé l'affaire, bouclé le dossier et balancé la clé. Je t'ai balancé aux oubliettes, comme tu l'avais fait.
Mais il a fallu que tu me craches un sourire, dans cette gare à la con, pour que je me prenne 6 ans dans la tronche.
Alors il a bien fallu que je me souvienne.
Mais je t'ai souri quand même, parce que ça ne fait plus si mal, maintenant.
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| Créé le : |
22 juil. 2008 00h30
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Si j'étais un objet
Je serais un briquet, ou un carnet à dessins, tout froissé et rempli de dessins.
Si j'étais une saison
Je serais l'automne, c'est ma saison de naissance, et c'est bien l'automne.
Si j'étais un plat
Je serais des crêpes, ou de la viande rouge.
Si j'étais un animal
Je serais un choucas, ou un flamand rose.
Si j'étais une chanson
Je serais "Mimi l'ennui" de Renaud.
Si j'étais une couleur
Je serais le bleu anthracite.
Si j'étais un roman
Je serais "La petite fille au bout du chemin" de Laird Koening, ou
"Mordre au travers" de Virginie Despentes. Ou "La mort en été" de Yukio
Mishima.
Si j'étais une légende
Alors là aucune idée ...
Si j'étais un personnage de fiction
Je serais l'Alice de Lewis Caroll ou Rynn dans "La petite fille au bout du chemin"
Si j'étais un film
Je serais "La petite fille au bout du chemin"
Si j'étais un dessin animé
Je serais Alice au pays des merveilles, ou Bouba.
Si j'étais une arme
Je serais un flingue, n'importe lequel.
Si j'étais un endroit
Je serais un appartement en désordre croulant sous les livres et les carnets, aux volets mi clos.
Si j'étais une devise
"Il vaut mieux avoir affaire aux corbeaux qu'aux flatteurs car ceux ci dévorent les morts et ceux là les vivants" Antisthène
Si j’étais un oiseau
Je serais un choucas.
Si j'étais un air
Je serais l'air de rien ^^
Si j'étais un élément
L'eau.
Si j'étais un végétal
Je serais un cactus ou une plante carnivore.
Si j'étais un fruit
Je serais un kaki ou une mûre
Si j'étais un bruit
Je serais le grattement d'un crayon sur une feuille, le clapotement d'un clavier ou le tapotement des ongles sur une table.
Si j'étais un climat
Tempéré et sec.
Si j'étais un loisir
Je serais un loisir artistique et complètement non sportif.
Si j'étais une planète
Je serais une petite planète morte inconnue.
Si j'étais un vêtement
Je serais un débardeur distendu ou une paire de chaussettes débiles.
Si j'étais une pièce
Je serais une chambre d'adolescente.
Si j'étais un véhicule
Je serais une décapotable rouge, une voiture américaine de road movie.
Si j'étais un adverbe de temps
Quand.
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| Créé le : |
26 déc. 2007 18h27
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Je ne sais si c'est le temps, la période du moins, mon âge difficile, ou ce pauvre siècle, mais ces temps ci, la tristesse me colle à la peau. Comme une sueur aigre qui poisse, et pénètre. La boule dans ma gorge semble prête à m'étouffer, et tout a l'air gris.
D'ailleurs tout est gris. La neige fondue sur le goudron, le ciel pleurnichard, les arbres qui baissent les bras. Moi aussi je suis grise, je fais grise mine, grisée de grisaille.
Passée l'euphorie de Noel, tout est retombé, comme la poussière sur les miroirs.
Ce mal être me colle, se cramponne à moi comme un amant .
Et je ne peux pas m'en dépêtrer.
Alors je le laisse faire.
Hello darkness my old friend ...
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